Mon fils Alexandre a une dyspraxie verbale.
Il a eu son diagnostic à l'âge de 4 ans et demi environ (en 2001). Il a commencé à voir une orthophoniste en privé dès l'âge de 3 ans car il ne parlait vraiment pas beaucoup. Je suis allée consulter au privé car la liste d'attente pour les services publics était beaucoup trop longue, soit plus d'un an. Au début, l'orthophoniste pensait qu'Alexandre avait un simple retard de langage. Elle nous donnait des trucs, une méthode pour l'aider à apprendre de nouveaux mots et à bien les prononcer.
On a ensuite suivi un programme offert par le CLSC aux parents ayant des enfants avec des retards de langage (programme Hannen). Après tout ça, l'orthophoniste a diagnostiqué une dyspraxie verbale. Elle nous a ensuite référés à une neuropédiatre qui a confirmé ce diagnostic en plus d'une dyspraxie motrice modérée. Sa dyspraxie motrice a fait qu'Alexandre a eu beaucoup de difficultés à former ses lettres plus tard, qu'il avait de la difficulté à suivre les lignes sur de grandes pages de cahier. Naturellement, le dessin et le bricolage, ce n'est pas vraiment pour lui mais par contre, il a appris le vélo très rapidement et il est vraiment très fort pour construire des modèles avec de blocs LEGO en suivant des plans bien détaillés.
La maternelle m'inquiétait car à 5 ans, il parlait un peu plus mais il ne se faisait pas très bien comprendre par les étrangers. Tout a quand même très bien été. Alexandre ne s'est jamais arrêté de parler, même s'il devait répéter plusieurs fois pour que les autres finissent par comprendre. Son professeur disait aux autres élèves que même si Alexandre prenait 10 minutes à raconter quelque chose, on devait l'écouter. Ça a beaucoup aidé.
C'est certain qu'il y a certains élèves de l'école qui riaient de lui et ça l'affectait mais il a réussi à passer au travers. Durant sa première année, il a été suivi 2 heures par semaine en orthophonie, toujours en privé. Une heure pour l'aspect verbal et une autre heure pour l'écrit. Le fait qu'il prononce mal ses mots avait une conséquence sur l'écrit. Ce suivi plus serré l'a beaucoup aidé.
Nous avons continué le suivi une heure par semaine par la suite jusque vers la fin de sa 3e année. Ensuite, il a eu un suivi en ergothérapie car il a aussi une dyspraxie motrice modérée. Il a suivi la méthode Padovan. C'était très bien et ça l'a aidé. Au début, il n'était pas capable d'attraper une balle et de sauter d'un côté à l'autre d'une corde placée à terre. À la fin, il attrapait assez bien les balles et il pouvait sauter à la corde. Avec cette méthode, l'ergothérapeute travaille toutes les étapes du développement en intégrant des comptines aux exercices. Vous pouvez aller voir dans la section "coin d'information" pour des liens expliquant cette méthode.
Nous avons cessé les suivis par les spécialistes en décembre 2006, à 9 ans et demi. Alexandre réussit très bien à l'école. Des "A" et des "B" partout. Il a un peu plus de difficultés dans l'écriture de textes (mettre ses idées en place, faire des phrases bien contruites, etc) mais par contre, il est plutôt fort en mathématiques. Il a maintenant 11 ans et demi et commencera le secondaire l'an prochain. Il lui reste encore un petit problème de langage mais l'ortophoniste dit ne plus pouvoir rien faire. Elle appelle ça un sygmastisme latéral (chuintement). Pour les dyspraxiques, elle dit que c'est pratiquement impossible à corriger. Ce ne sont cependant pas tous les dyspraxiques au niveau verbal qui ont ce problème. Il se fait quand même très bien comprendre mais il arrive encore qu'il ait des remarques méchantes des autres enfants.
Je suis bien fière de lui et de tous les efforts qu'il a fait. Il s'en sort très bien malgré ce handicap. J'espère que ce témoignage pourra aider quelques personnes. C'est certain que chaque enfant est différent mais lorsqu'on leur apporte toute l'aide nécessaire, notre support, nos encouragements et le plus important, notre amour, cela peut parfois faire des miracles...
Sonia, mère d'Alexandre